Cérébrine AcademyLE LIVRE DES VACANCES · THÉÂTRE CE2 J

LE LIVRE DES VACANCES · THÉÂTRE CE2 J

Neuf contes.
Mille façons
de les vivre.

Un hibou, un rayon de soleil, des animaux étonnants… Choisis un conte, prends ton temps et laisse les personnages prendre vie.

Les neuf contes

Choisis ton histoire
Les neuf contes
CONTE 1 / 9

UN CONTE TOUT SIMPLE

D'après Nathalia Abramtséva

Illustration de Un conte tout simple

NARRATEUR. Dans une forêt, il y a un Hibou et un Rayon de soleil. Ils sont très différents. Et pourtant, ils sont super amis. Personne ne comprend pourquoi.

LES AUTRES HIBOUX. C'est bizarre ! Un hibou, ami avec un rayon de soleil ? Il brille trop ! Aïe, nos yeux !

(Les Hiboux ferment les yeux très fort... et s'endorment debout, tous en même temps. RONFL.)

LES AUTRES RAYONS. C'est bizarre ! Un rayon, ami avec un hibou ? Il dort tout le temps ! On peut lui parler deux minutes le matin, deux minutes le soir. C'est tout !

NARRATEUR. Le matin arrive.

(Le Rayon traverse la scène à toute vitesse. FIOU ! Il repasse dans l'autre sens. FIOU ! Il freine juste devant le Hibou. CRIII.)

LE RAYON. (très vite, d'un seul souffle) Salut Hibou ! Ça va ?

LE HIBOU. Ouaaah... Pardon, je bâille. Bonjour, Rayon.

LE RAYON. Alors, la nuit ? Raconte ! Vite !

LE HIBOU. Catastrophe...

LE RAYON. Quoi ? QUOI ?

LE HIBOU. Le petit Renardeau... Ouaaah... pardon... le petit Renardeau s'est perdu !

LE RAYON. NOOON !

LE HIBOU. Si. Tout le monde l'a cherché. Tout le monde a eu peur.

LE RAYON. Et alors ? Et alors ?

LE HIBOU. C'est moi qui l'ai retrouvé. Avec mes gros yeux de la nuit.

LE RAYON. Où ? OÙ ?

LE HIBOU. Chez Papi Ours. Il est entré sans faire exprès.

LE RAYON. CHEZ PAPI OURS ?! Au secours !

LE HIBOU. Du calme. Papi Ours est très gentil. Il lui a même donné du miel. Mais le Renardeau n'aime pas le miel.

LE RAYON. Ouf ! Moi, je n'aime pas les problèmes...

LE HIBOU. Personne n'aime les problèmes. Mais tout est bien qui finit bien. Ouaaah...

LE RAYON. (de plus en plus vite) Bon, j'y vais ! J'ai du travail : chauffer les fleurs, sécher l'herbe, soigner la branche du petit arbre. Salut !

(FIOU ! Le Rayon disparaît. Le Hibou regarde la place vide.)

LE HIBOU. Il est déjà parti ?... Bon.

(Le Hibou s'endort debout. RONFL.)


NARRATEUR. Le soir arrive. Les deux amis se retrouvent.

LE HIBOU. Bonsoir, Rayon ! Alors, ta journée ?

LE RAYON. J'ai tout fait ! Les fleurs sont chaudes ! L'herbe est sèche ! La branche est soignée ! Mais...

LE HIBOU. Mais quoi ? Tu es tout triste.

(Le Rayon s'arrête de bouger, pour la première fois. Sa voix devient plus calme.)

LE RAYON. J'ai un problème. Deux abeilles se sont disputées. Une dit : le meilleur miel vient des fleurs de tilleul. L'autre dit : non, des autres fleurs. Moi... je n'aime pas les disputes. Ça me rend triste, même quand ce n'est pas ma dispute.

LE HIBOU. (il ne bâille plus, il regarde vraiment son ami) Écoute, Rayon. Je ne sais pas ce que font les abeilles ce soir. Mais elles connaissent le miel mieux que tout le monde. Elles vont s'arranger.

LE RAYON. Tu crois ?

LE HIBOU. Je crois. Et puis maintenant, ton souci, on est deux à le porter.

LE RAYON. (il respire) Merci, Hibou. Avec toi, je dors tranquille. Demain, je vais chauffer le cœur des marguerites !

LE HIBOU. Dors bien, Rayon. Demain matin, on se retrouve.

LE RAYON. Promis. À l'aube. Sans faute.

(Ils se séparent doucement. Le Rayon sort sans courir, pour une fois. Le Hibou le regarde partir.)

LE HIBOU. (tout doucement) Ouaaah... Bonne nuit, mon ami.

NARRATEUR. Et voilà. Le conte est fini. Pas de sorcière, pas de monstre, pas de magicien. Juste un Hibou qui dort le jour et un Rayon qui court partout. Très différents... et très amis. Ça aussi, ça existe dans les contes.

Nouvelle séance · Mission voix 1/9

Un conte tout simple

Choisis ton personnage, trouve un accessoire, répète le passage, puis crée ton audio final.

1. Mon personnage

2. Le passage vedette

Lis surtout les lignes surlignées de ton personnage. Les autres lignes peuvent être lues par un proche, ou simplement t’aider à comprendre la scène.

(Le Rayon traverse la scène à toute vitesse. FIOU ! Il repasse dans l’autre sens. FIOU ! Il freine juste devant le Hibou. CRIII.)

LE RAYON.Salut Hibou ! Ça va ?

LE HIBOU.Ouaaah... Pardon, je bâille. Bonjour, Rayon.

LE RAYON.Alors, la nuit ? Raconte ! Vite !

LE HIBOU.Catastrophe...

LE RAYON.Quoi ? QUOI ?

LE HIBOU.Le petit Renardeau... Ouaaah... pardon... le petit Renardeau s’est perdu !

3. Trois voix, trois essais

① Joyeuse et énergiqueVoix claire, rythme vivant, corps ouvert.
② Triste et lenteVoix plus douce, pauses longues, regard bas.
③ Mystérieuse et chuchotéeRalentis, crée du suspense, varie les silences.

4. Mon improvisation

Reste dans ton personnage.

Le Rayon revient avec un nouveau problème. Que raconte-t-il ? Que lui répond le Hibou ?

5. Mon audio final

Enregistre les trois interprétations du passage, puis ton improvisation, dans un seul audio.

Prêt à enregistrer.

L’enregistrement reste sur cet appareil. Télécharge-le ou partage-le, puis envoie-le à l’enseignant.

CONTE 2 / 9

AU CONSEIL DES ANIMAUX

D'après Tatiana Koroliova

Illustration de Au conseil des animaux

(Tous les animaux sont assis en rond. Le Lion tape trois fois par terre. TAP TAP TAP.)

LE LION. Silence ! Moi, le Lion, roi des animaux, j'ouvre le conseil ! Question du jour : quel exemple donnons-nous aux Hommes ?

L'ÉLÉPHANT. Les Hommes ? Pourquoi les Hommes ?

LE LION. Les Hommes nous comparent tout le temps ! Ils disent : rusé comme un renard. Doux comme un agneau. Et... têtu comme un âne.

L'ÂNE. Pardon ?! Je ne suis pas têtu ! Je défends mes idées, c'est tout !

LE SINGE. Hi hi ! Et moi : malin comme un singe ! La classe !

LE LION. Pas si vite, Singe. On dit aussi : arrête de faire le singe. Ça veut dire : arrête de faire le clown.

(Le Singe fait une grimace au public. Le Lion le regarde. Le Singe s'assoit très droit, l'air très sérieux.)

LE LION. Et toi, Lapin : peureux comme un lapin. D'ailleurs... pourquoi tu trembles ?

LE LAPIN. (il tremble très fort) Moi ? Je ne tremble pas ! C'est le vent !

LE RENARD. Hé hé. Il n'y a pas de vent.

LE LAPIN. Alors c'est... c'est le froid !

LE RENARD. On est en été.

LE LAPIN. ... Bon. D'accord. Je tremble un tout petit peu.

L'ÉLÉPHANT. Vous, Lion, vous avez de la chance ! Fort comme un lion ! Un cœur de lion ! Mais moi ? Un éléphant dans un magasin de tasses ! Je ne suis jamais entré dans un magasin de tasses ! C'est pas juste !

LE LION. Du calme, Éléphant. Ces phrases sont parfois... un petit peu vraies. Rappelez-vous : l'année dernière, vous avez marché sur la patte du Tigre. Il boite encore.

(Silence. L'Éléphant baisse la tête et regarde ses grosses pattes.)

L'ÉLÉPHANT. (tout petit) Je n'ai pas fait exprès...


LE LION. Et le Loup ! Les Hommes disent : une faim de loup !

LE LOUP. C'est pas ma faute ! J'ai toujours faim, moi !

LE RENARD. HA HA ! Une faim de LOUP !

(Le Renard rigole. Le Loup fait sa tête la plus terrible.)

L'AIGLE. Attendez. Les Hommes admirent aussi le Loup : il aime sa maison, la forêt. Il ne l'oublie jamais.

LE LION. C'est bien, Loup. Mais votre regard fait peur. Souriez un peu !

(Le Loup essaie de sourire. Il reste bloqué, toutes dents dehors. C'est encore pire. Tous les animaux reculent d'un pas, en même temps.)

LE LION. ... Non. Arrêtez de sourire. C'est mieux pour tout le monde.

(Le Loup arrête. Tout le monde souffle. OUF. La Tortue entre. Très, très lentement. Un pas... deux pas... trois pas... Les animaux la regardent avancer en tournant la tête tous ensemble.)

LE LION. Ah, la Tortue ! Enfin ! Pourquoi ce retard ?

LE SINGE. Hi hi ! Lente comme une tortue !

LA TORTUE. Oui. Je suis lente. Et alors ? Vous, vous allez vite... et vous tombez. Moi, à chaque pas, j'ai le temps de réfléchir.

LE LION. Bien. Nous connaissons maintenant nos qualités et nos défauts. Quelle est la conclusion ?

(Silence. Les animaux se regardent. Puis l'Éléphant se lève.)

L'ÉLÉPHANT. Moi... demain, je vais demander pardon au Tigre. Pour sa patte.

LE LOUP. Et moi... je vais m'entraîner à sourire. Tout seul. Dans la forêt. Loin de tout le monde.

L'ÂNE. Et moi, je ne suis pas têt... (il s'arrête) ... Bon. Peut-être un tout petit peu.

LE LAPIN. Et moi, je tremble, c'est vrai. Mais je suis venu quand même !

LA TORTUE. Trembler et venir quand même... ça, c'est du courage.

(Le Lapin se redresse, tout fier. Le Lion hoche la tête.)

LE LION. La réunion est finie.

(Tous les animaux sortent ensemble... au pas de la Tortue. Personne ne la dépasse.)

NARRATEUR. Ce soir-là, chaque animal repart avec une petite promesse. Et nous, les humains... quel exemple donnons-nous aux animaux ?

Nouvelle séance · Mission voix 2/9

Au conseil des animaux

Choisis ton personnage, trouve un accessoire, répète le passage, puis crée ton audio final.

1. Mon personnage

2. Le passage vedette

Lis surtout les lignes surlignées de ton personnage. Les autres lignes peuvent être lues par un proche, ou simplement t’aider à comprendre la scène.

LE LION.Et toi, Lapin : peureux comme un lapin. D’ailleurs... pourquoi tu trembles ?

LE LAPIN.(il tremble très fort) Moi ? Je ne tremble pas ! C’est le vent !

LE RENARD.Hé hé. Il n’y a pas de vent.

LE LAPIN.Alors c’est... c’est le froid !

LE RENARD.On est en été.

LE LAPIN.... Bon. D’accord. Je tremble un tout petit peu.

3. Trois voix, trois essais

① Joyeuse et énergiqueVoix claire, rythme vivant, corps ouvert.
② Triste et lenteVoix plus douce, pauses longues, regard bas.
③ Mystérieuse et chuchotéeRalentis, crée du suspense, varie les silences.

4. Mon improvisation

Reste dans ton personnage.

Le conseil te demande une qualité et un petit défaut de ton personnage. Réponds comme lui.

5. Mon audio final

Enregistre les trois interprétations du passage, puis ton improvisation, dans un seul audio.

Prêt à enregistrer.

L’enregistrement reste sur cet appareil. Télécharge-le ou partage-le, puis envoie-le à l’enseignant.

CONTE 3 / 9

UNE RENCONTRE

D'après Tatiana Koroleva

Illustration de Une rencontre

NARRATEUR. Dans la savane, un petit Tigre aperçoit un petit Zèbre.

(Le Tigre s'approche avec une démarche de star. Il fait une pose.)

LE TIGRE. Hé ! Toi ! C'est quoi, ça ?

LE ZÈBRE. Euh... bonjour. Je suis un zèbre.

LE TIGRE. Et moi, je suis un tigre. LE Tigre.

(Pose numéro un.)

LE ZÈBRE. Enchanté, monsieur le Tigre !

LE TIGRE. Pas moi ! Regarde bien. Rayures. Les rayures, c'est MON style.

(Pose numéro deux.)

LE TIGRE. Qui t'a donné la permission de porter des rayures ?

LE ZÈBRE. Per... personne. Je suis né comme ça. Ma maman est rayée. Mon papa est rayé.

LE TIGRE. Moi aussi ! Mais moi, c'est du style. Toi, c'est de la copie.

LE ZÈBRE. Je ne vous copie pas ! Ne vous fâchez pas, s'il vous plaît...

LE TIGRE. J'ai une idée. Va dans le lac. Lave tes rayures. Frotte fort !

LE ZÈBRE. Mais... je me lave souvent. Mes rayures restent là.

LE TIGRE. Frotte PLUS fort ! Allez !

(Le Zèbre soupire. Il entre dans l'eau. Au ralenti : il frotte... il frotte... il frotte... Il ressort tout mouillé et s'ébroue. BRRR. Ses rayures brillent.)

LE ZÈBRE. Vous voyez ? Elles sont encore là. Et maintenant... elles brillent !

LE TIGRE. GRRRR ! Tu gâches ma journée ! Ce matin, j'étais content. Et maintenant, je suis fâché ! Et fâché, ça donne des rides ! Et les rides, ce n'est pas MON style !

(Le petit Zèbre se met à pleurer. Snif, snif.)


(Le Soleil descend, immense et calme. Toute la scène devient dorée. Tout le monde s'arrête de bouger.)

LE SOLEIL. Que se passe-t-il ici ?

LE TIGRE. C'est le Zèbre ! Il porte des rayures ! Les rayures, c'est mon style !

LE SOLEIL. Écoute-moi, petit Tigre. La nature vous fait tous différents. Sans le Zèbre, le monde est moins beau. Sans toi aussi.

LE SOLEIL. Vos rayures ne vous séparent pas. Elles vous rapprochent. Allez. Regardez-vous.

(Le Tigre regarde le Zèbre dans les yeux. Longtemps. Il voit ses larmes. Sa voix change.)

LE TIGRE. (doucement, sans pose) Tu sais... moi aussi, je suis enchanté. Vraiment.

(Le Zèbre essuie ses larmes et sourit. Le Tigre sourit aussi.)

LE TIGRE. Hé, le Zèbre ! On va se baigner ensemble ? Les rayures... c'est NOTRE style !

(Ils courent vers le lac. PLOUF ! PLOUF ! L'eau éclabousse partout.)

NARRATEUR. Et dans le lac, ce jour-là, il y a deux amis rayés. Un peu pareils. Très différents. Et très contents.

Nouvelle séance · Mission voix 3/9

Une rencontre

Choisis ton personnage, trouve un accessoire, répète le passage, puis crée ton audio final.

1. Mon personnage

2. Le passage vedette

Lis surtout les lignes surlignées de ton personnage. Les autres lignes peuvent être lues par un proche, ou simplement t’aider à comprendre la scène.

LE TIGRE.Frotte PLUS fort ! Allez !

(Le Zèbre soupire. Il entre dans l’eau. Au ralenti : il frotte... il frotte... il frotte... Il ressort tout mouillé et s’ébroue. BRRR. Ses rayures brillent.)

LE ZÈBRE.Vous voyez ? Elles sont encore là. Et maintenant... elles brillent !

LE TIGRE.GRRRR ! Tu gâches ma journée ! Ce matin, j’étais content. Et maintenant, je suis fâché ! Et fâché, ça donne des rides ! Et les rides, ce n’est pas MON style !

3. Trois voix, trois essais

① Joyeuse et énergiqueVoix claire, rythme vivant, corps ouvert.
② Triste et lenteVoix plus douce, pauses longues, regard bas.
③ Mystérieuse et chuchotéeRalentis, crée du suspense, varie les silences.

4. Mon improvisation

Reste dans ton personnage.

Le Tigre et le Zèbre inventent une nouvelle mode avec leurs rayures. Présente-la dans ton personnage.

5. Mon audio final

Enregistre les trois interprétations du passage, puis ton improvisation, dans un seul audio.

Prêt à enregistrer.

L’enregistrement reste sur cet appareil. Télécharge-le ou partage-le, puis envoie-le à l’enseignant.

CONTE 4 / 9

LE MINET ET LE TOUTOU

D'après Irina Efimova

Illustration de Le Minet et le Toutou

NARRATEUR. Dans la cour, le Toutou joue avec une vieille boîte de conserve.

(Le Toutou court partout, saute, glisse, rattrape la boîte. GLING ! GLING ! Le bruit réveille le Minet, qui s'étire avec beaucoup de classe.)

LE MINET. Bonjour !

(Le Toutou remue juste la queue et continue de jouer. GLING !)

LE MINET. J'ai dit : BONJOUR, Toutou !

LE TOUTOU. On s'est déjà dit bonjour hier.

LE MINET. Hier, c'est hier. Aujourd'hui, c'est aujourd'hui. Chaque jour, on dit bonjour.

LE TOUTOU. Toi, tu aimes les bonjours ?

LE MINET. J'adore les bonjours.

(Le Minet commence sa toilette. Patte, oreille, moustache. Très chic.)

LE MINET. Tu as trouvé où, cette vieille boîte ?

LE TOUTOU. Dans la poubelle, de l'autre côté de la route !

(La boîte tombe dans une flaque. SPLATCH ! Le Toutou plonge dessus et la rattrape avec la bouche.)

LE MINET. (il fait la grimace) Beurk.

LE TOUTOU. Et pourquoi tu te laves tout le temps ? Tu aimes ça, toi, te laver ?

LE MINET. Bien sûr. Tout le monde aime ça.

LE TOUTOU. Tout le monde ? Pas moi ! Hé... j'ai une idée. Toi, tu aimes te laver ? Alors lave-toi À MA PLACE. Et dis bonjour À MA PLACE. Fais TOUT à ma place ! Moi... je suis fatigué.

(Il bâille un tout petit peu, pour faire semblant. Puis il fait trois tours en courant après sa queue.)


LE MINET. D'accord. Excellente idée. D'abord, je dis bonjour à ta place, vu que tu ne m'as toujours pas répondu.

(Le Minet prend une grosse voix de chien.)

LE MINET. BONJOUR, MINET ! OUAF !

LE MINET. Et maintenant, je me lave à ta place. Voilà. C'est fait : je suis déjà propre.

LE TOUTOU. Génial ! Tu es un champion, Minet ! Moi, je suis TRÈS fatigué.

(Il saute par-dessus sa boîte. Hop !)

LE MINET. Alors je continue. Je fais TOUT, TOUT, TOUT à ta place.

(Le Minet prend la boîte du Toutou et joue avec, l'air de beaucoup s'amuser. GLING ! GLING !)

LE TOUTOU. Hé... ma boîte...

LE MINET. Chut. Repose-toi. Tu es fatigué.

LE TOUTOU. Oui... je suis le chien le plus fatigué DU MONDE ENTIER...

(Il court sur place en regardant sa boîte.)

LE MINET. Et maintenant... je prends le petit-déjeuner à ta place ! Ton petit-déjeuner ET le mien. Miam. Il reste juste un bout de pain.

LE TOUTOU. (il s'arrête net) Attends. Attends, attends, attends. Mon... mon petit-déjeuner ?

(Le Toutou réfléchit très fort. On entend sa tête travailler : toute la classe fait TIC TAC, TIC TAC.)

LE TOUTOU. Tu sais quoi ? C'est incroyable, mais... je suis reposé ! Complètement reposé ! En pleine forme ! Mon petit-déjeuner, je peux le prendre TOUT SEUL !

LE MINET. Formidable. Alors tu peux aussi te laver tout seul. Et dire bonjour tout seul.

LE TOUTOU. Bon... d'accord. (il soupire très fort) PFFFF.

(Le Toutou pose sa boîte et commence à se laver, en râlant un peu. Le Minet sourit. Puis le Toutou s'arrête, la patte en l'air. Il regarde le Minet.)

LE TOUTOU. ... Bonjour, Minet.

LE MINET. (grand sourire) Bonjour, Toutou.

Nouvelle séance · Mission voix 4/9

Le Minet et le Toutou

Choisis ton personnage, trouve un accessoire, répète le passage, puis crée ton audio final.

1. Mon personnage

2. Le passage vedette

Lis surtout les lignes surlignées de ton personnage. Les autres lignes peuvent être lues par un proche, ou simplement t’aider à comprendre la scène.

LE MINET.Et maintenant... je prends le petit-déjeuner à ta place ! Ton petit-déjeuner ET le mien. Miam. Il reste juste un bout de pain.

LE TOUTOU.Attends. Attends, attends, attends. Mon... mon petit-déjeuner ?

(Le Toutou réfléchit très fort. On entend sa tête travailler : toute la classe fait TIC TAC, TIC TAC.)

LE TOUTOU.Tu sais quoi ? C’est incroyable, mais... je suis reposé ! Complètement reposé ! En pleine forme ! Mon petit-déjeuner, je peux le prendre TOUT SEUL !

LE MINET.Formidable. Alors tu peux aussi te laver tout seul. Et dire bonjour tout seul.

3. Trois voix, trois essais

① Joyeuse et énergiqueVoix claire, rythme vivant, corps ouvert.
② Triste et lenteVoix plus douce, pauses longues, regard bas.
③ Mystérieuse et chuchotéeRalentis, crée du suspense, varie les silences.

4. Mon improvisation

Reste dans ton personnage.

Le Toutou demande au Minet de faire encore une chose à sa place. Invente leur nouvelle discussion.

5. Mon audio final

Enregistre les trois interprétations du passage, puis ton improvisation, dans un seul audio.

Prêt à enregistrer.

L’enregistrement reste sur cet appareil. Télécharge-le ou partage-le, puis envoie-le à l’enseignant.

CONTE 5 / 9

LE TIGRE ET LE SOLEIL

D'après Raïm Farkhadi

Illustration de Le Tigre et le Soleil

NARRATEUR. Un jour, à midi, dans la forêt, le Tigre rencontre l'Homme.

(Le Tigre entre en montrant ses muscles. Pose. L'Homme entre tranquillement, tout petit à côté.)

LE TIGRE. Pousse-toi ! Ici, le chef, c'est moi ! C'est MOI le plus fort !

(Pose de muscles numéro un.)

L'HOMME. Bonjour. Je suis un Homme. Et je ne me pousse pas.

LE TIGRE. Tu ne te pousses pas ? Regarde mes dents !

(Pose numéro deux.)

LE TIGRE. Regarde mes griffes !

(Pose numéro trois.)

LE TIGRE. Regarde mes muscles !

(Pose numéro quatre. Il attend des applaudissements. Rien. Une mouche passe. Bzzz.)

L'HOMME. Oui, tu es fort. C'est vrai. Mais le Soleil est plus fort que toi. Et le Soleil est mon ami.

LE TIGRE. QUOI ? Non ! C'est MOI le plus fort ! Plus fort que toi ! Plus fort que le Soleil ! Plus fort que TOUT !

(Le Tigre saute vers le ciel pour attraper le Soleil. Au ralenti : il saute... il monte... la lumière l'éblouit... il plisse les yeux... il retombe. BOUM.)

LE TIGRE. (furieux, il se relève) Je veux me battre avec le Soleil ! Qu'il vienne ici ! Je vais le manger en petits morceaux ! Et toi avec !

L'HOMME. D'accord, d'accord. Ce soir, le Soleil est mon invité. Quand il finit son travail dans le ciel, il descend et il entre chez moi. Viens le voir.

LE TIGRE. C'est vrai ? Ou c'est un piège ? Attention : si tu te caches, je te retrouve !

L'HOMME. Ce soir. Chez moi. Au bord du fleuve.

LE TIGRE. Très bien ! Ce soir, on va voir qui est LE PLUS FORT !

(Dernière pose de muscles. Il sort en grondant. GRRR.)


NARRATEUR. Le soir arrive. Le Tigre marche vers la maison de l'Homme, au bord du fleuve.

(Lumière plus sombre. L'Homme est assis devant sa maison. Devant lui, le Feu danse : les élèves agitent doucement les tissus rouges et orange.)

LE TIGRE. Oh ! L'Homme n'a pas menti ! Le Soleil est chez lui ! Il brille dans sa maison ! Petit soleil ! Je vais te montrer qui est le plus fort !

(Tout devient calme. Plus personne ne rit. Le Tigre fonce et saute sur le Feu. Les tissus l'entourent. Il pousse un grand cri.)

LE TIGRE. AOUUU ! Ma patte ! Mes yeux !

(Il s'enfuit dans le noir. Long silence. On le devine au loin, qui lèche sa patte.)

NARRATEUR. (doucement) Cette nuit-là, le Tigre a très mal. Il a failli devenir aveugle. Il se cache dans les fourrés, tout seul, et il réfléchit pour la première fois de sa vie.

(Le Tigre revient sur le chemin. Il regarde autour de lui. Il gronde encore un petit peu.)

LE TIGRE. (pas très fort, pas très sûr) Grrr... grrr...

(Puis il traverse la scène sur la pointe des pattes, sans aucune pose, et va se cacher.)

NARRATEUR. Parfois, le soir, le Tigre revient sans bruit près de la maison. Il regarde danser les flammes de l'Homme. Et il repart, tout doucement, dans les buissons.

(Le Feu danse. Le Tigre le regarde de loin, immobile, puis disparaît.)

NARRATEUR. Depuis ce jour, le Tigre sait une chose : l'Homme qui possède le feu est plus fort que lui. La vraie force n'est pas dans les muscles. Elle est aussi dans ce qu'on sait.

Nouvelle séance · Mission voix 5/9

Le Tigre et le Soleil

Choisis ton personnage, trouve un accessoire, répète le passage, puis crée ton audio final.

1. Mon personnage

2. Le passage vedette

Lis surtout les lignes surlignées de ton personnage. Les autres lignes peuvent être lues par un proche, ou simplement t’aider à comprendre la scène.

L’HOMME.Oui, tu es fort. C’est vrai. Mais le Soleil est plus fort que toi. Et le Soleil est mon ami.

LE TIGRE.QUOI ? Non ! C’est MOI le plus fort ! Plus fort que toi ! Plus fort que le Soleil ! Plus fort que TOUT !

(Le Tigre saute vers le ciel pour attraper le Soleil. Au ralenti : il saute... il monte... la lumière l’éblouit... il plisse les yeux... il retombe. BOUM.)

LE TIGRE.Je veux me battre avec le Soleil ! Qu’il vienne ici ! Je vais le manger en petits morceaux ! Et toi avec !

L’HOMME.D’accord, d’accord. Ce soir, le Soleil est mon invité. Quand il finit son travail dans le ciel, il descend et il entre chez moi. Viens le voir.

3. Trois voix, trois essais

① Joyeuse et énergiqueVoix claire, rythme vivant, corps ouvert.
② Triste et lenteVoix plus douce, pauses longues, regard bas.
③ Mystérieuse et chuchotéeRalentis, crée du suspense, varie les silences.

4. Mon improvisation

Reste dans ton personnage.

Le lendemain, le Tigre revient voir l’Homme. Que dit-il après avoir compris la force du feu ?

5. Mon audio final

Enregistre les trois interprétations du passage, puis ton improvisation, dans un seul audio.

Prêt à enregistrer.

L’enregistrement reste sur cet appareil. Télécharge-le ou partage-le, puis envoie-le à l’enseignant.

CONTE 6 / 9

TROIS CADEAUX

Conte populaire coréen

Illustration de Trois cadeaux

NARRATEUR. Dans un royaume lointain vit Magnolia, une jeune fille très aimée. Trois jeunes hommes veulent se marier avec elle.

(Les trois jeunes hommes entrent en se poussant pour passer devant.)

LE JEUNE HOMME AU MIROIR. C'est moi le premier !

LE JEUNE HOMME AU CHEVAL. Non, moi !

LE JEUNE HOMME À LA POMME. Pardon... pardon...

NARRATEUR. Ils sont tous les trois gentils, courageux et travailleurs. Alors Magnolia va voir le vieux Sage.

MAGNOLIA. Sage, j'ai un gros problème. Trois jeunes hommes m'aiment. Ils sont tous les trois formidables. Comment choisir ?

LE SAGE. Hmm... (longue pause) C'est une question... (longue pause) ... difficile. Mais j'ai... (pause) ... une solution. Prends cet argent. Partage-le en trois. Chaque jeune homme t'achète un cadeau. Le meilleur cadeau... gagne ton cœur.

(Magnolia appelle les trois jeunes hommes. Ils arrivent en courant et freinent tous en même temps. CRIII.)

MAGNOLIA. Voici de l'argent, pareil pour chacun. Partez m'acheter un cadeau. Je me marie avec celui qui a le meilleur. Mais attention : soyez de retour pour la grande fête !

LES TROIS JEUNES HOMMES. (en même temps) J'aurai le meilleur cadeau du monde !

(Ils se regardent, fâchés. Ils partent chacun dans une direction. Deux se cognent. BOUM.)

NARRATEUR. Le premier va en Chine. Le deuxième va en Mongolie. Le troisième va à la capitale.

LE JEUNE HOMME AU MIROIR. (il revient, tout fier) Regardez mon trésor ! Un miroir magique ! Dedans, on voit tout ce qu'on veut ! LE MEILLEUR CADEAU DU MONDE !

LE JEUNE HOMME AU CHEVAL. (il revient, encore plus fier) Regardez MON trésor ! Un cheval volant ! Il va n'importe où en une seconde ! LE MEILLEUR CADEAU DU MONDE !

(Le troisième cherche partout. Rien. Il regarde un panier de fruits.)

LE JEUNE HOMME À LA POMME. Je cherche depuis des jours et je ne trouve rien... Et si j'achète cette pomme ? C'est une pomme magique : elle guérit les malades. Si un jour Magnolia est malade, elle peut la sauver.


(Les trois jeunes hommes se retrouvent.)

LE JEUNE HOMME AU MIROIR. On essaie mon miroir magique ? Miroir, montre-nous Magnolia !

(Ils regardent dans le miroir. Silence brutal. Leurs visages changent d'un coup.)

LES TROIS JEUNES HOMMES. MAGNOLIA !

NARRATEUR. (doucement) Dans le miroir, Magnolia est couchée. Toute pâle. Très malade. Elle va mourir.

LE JEUNE HOMME AU CHEVAL. Vite ! Tous sur mon cheval !

(Ils montent tous les trois. Le cheval vole. FIOUUU. En une seconde, ils sont dans la chambre de Magnolia.)

LE JEUNE HOMME À LA POMME. Magnolia ! Mange cette pomme, vite !

(Magnolia croque la pomme. CROC. Ses joues redeviennent roses. Elle ouvre les yeux. Elle se lève. Elle est guérie. Tout le monde respire. OUF.)

MAGNOLIA. Mes amis... quels cadeaux m'avez-vous apportés ?

LE JEUNE HOMME AU MIROIR. Mon miroir ! C'est lui qui nous a montré le danger !

LE JEUNE HOMME AU CHEVAL. Mon cheval ! C'est lui qui nous a amenés à temps !

LE JEUNE HOMME À LA POMME. Ma pomme... c'est elle qui t'a guérie.

MAGNOLIA. Vous m'avez sauvé la vie, tous les trois. C'est encore plus difficile de choisir ! Décidez entre vous.

(Les trois se disputent en accéléré, en muet : miroir ! cheval ! pomme ! miroir ! cheval ! pomme !)

NARRATEUR. Ils discutent pendant trois jours. Personne n'est d'accord. Alors Magnolia prend la parole.

(Tout le monde s'arrête et la regarde.)

MAGNOLIA. Mes amis, écoutez-moi. Vos trois cadeaux m'ont sauvé la vie. Merci du fond du cœur. Mais je choisis... celui de la pomme.

LES DEUX AUTRES. Pourquoi ?

MAGNOLIA. Le miroir, il te sert aussi à toi : tu peux me regarder quand tu veux. Le cheval, il te sert aussi à toi : tu peux voyager où tu veux. Mais la pomme... la pomme ne sert qu'à moi. Lui seul a pensé seulement à moi. C'est ça, le vrai cadeau.

(Silence. Les deux autres se regardent... et hochent la tête, beaux joueurs.)

Nouvelle séance · Mission voix 6/9

Trois cadeaux

Choisis ton personnage, trouve un accessoire, répète le passage, puis crée ton audio final.

1. Mon personnage

2. Le passage vedette

Lis surtout les lignes surlignées de ton personnage. Les autres lignes peuvent être lues par un proche, ou simplement t’aider à comprendre la scène.

MAGNOLIA.Mes amis... quels cadeaux m’avez-vous apportés ?

LE JEUNE HOMME AU MIROIR.Mon miroir ! C’est lui qui nous a montré le danger !

LE JEUNE HOMME AU CHEVAL.Mon cheval ! C’est lui qui nous a amenés à temps !

LE JEUNE HOMME À LA POMME.Ma pomme... c’est elle qui t’a guérie.

MAGNOLIA.Vous m’avez sauvé la vie, tous les trois. C’est encore plus difficile de choisir ! Décidez entre vous.

3. Trois voix, trois essais

① Joyeuse et énergiqueVoix claire, rythme vivant, corps ouvert.
② Triste et lenteVoix plus douce, pauses longues, regard bas.
③ Mystérieuse et chuchotéeRalentis, crée du suspense, varie les silences.

4. Mon improvisation

Reste dans ton personnage.

Un quatrième cadeau arrive. Invente-le et explique, dans ton personnage, pourquoi il pourrait aider Magnolia.

5. Mon audio final

Enregistre les trois interprétations du passage, puis ton improvisation, dans un seul audio.

Prêt à enregistrer.

L’enregistrement reste sur cet appareil. Télécharge-le ou partage-le, puis envoie-le à l’enseignant.

CONTE 7 / 9

LE MEILLEUR CADEAU

D'après Marina Moskvina

Illustration de Le meilleur cadeau

KATIOUCHA. Vous voulez une histoire drôle ? Mes histoires préférées parlent de cadeaux et d'invités. Écoutez celle-ci ! Un jour, la Gerboise invite le Porc-épic dans sa nouvelle maison.

(Le Porc-épic traverse la scène. Il rencontre la Tortue.)

LA TORTUE. Salut ! Tu vas où ?

LE PORC-ÉPIC. Chez la Gerboise ! C'est la fête de sa nouvelle maison. Il y a de la crème glacée !

LA TORTUE. Super ! Et... tu apportes quel cadeau ?

LE PORC-ÉPIC. Un cadeau ? Il faut un cadeau ?

LA TORTUE. Évidemment ! Une fête sans cadeau ? Impossible !

LE PORC-ÉPIC. Oh non... Un cadeau comme quoi, par exemple ?

LA TORTUE. Par exemple... MOI !

LE PORC-ÉPIC. TOI ?!

LA TORTUE. Tu ne sais pas ? Une tortue, c'est LE MEILLEUR CADEAU DU MONDE !

LE PORC-ÉPIC. C'est vrai ? Ouf, merci ! Tu me sauves ! Allez, on y va !

(Ils repartent. Le Porc-épic marche vite. La Tortue avance... tout... douce... ment...)

LE PORC-ÉPIC. Plus vite ! On va être en retard !

LA TORTUE. Pardon ?! Un cadeau qui marche tout seul à la fête ? Ça n'existe pas ! Porte-moi !

LE PORC-ÉPIC. Te porter ? PFFF... Bon, d'accord. Un cadeau, c'est un cadeau.

(Le Porc-épic met la Tortue sur son dos. Il plie sous le poids. PFFFF. La Tortue s'installe comme une reine et siffle une petite chanson.)

LE PORC-ÉPIC. PFFF... Dis donc... PFFF... qui te dit qu'une tortue est le meilleur cadeau ? Pour une nouvelle maison, on offre quelque chose d'UTILE !

LA TORTUE. Tout le monde le sait. Enfin... moi, je le sais. C'est pareil.


LE PORC-ÉPIC. PFFFFF... Je peux te laisser ici et offrir des fleurs !

LA TORTUE. Grosse erreur ! Les fleurs, ça meurt en trois jours. Moi, je suis un cadeau POUR TOUTE LA VIE !

(La Gerboise sort de sa maison en sautant de joie. Elle porte une coupe de crème glacée.)

LE PORC-ÉPIC. (épuisé) Chère... PFFF... Gerboise... PFFF... Bonne fête ! Je t'offre...

LA TORTUE. MOI !

LA GERBOISE. ... Pardon ?

LA TORTUE. Le meilleur cadeau du monde ! Applaudissez !

(Silence. Personne n'applaudit. Une mouche passe. Bzzz.)

(La Tortue entre dans la maison. Elle prend TOUTE la place. Tout le monde se colle contre les murs. La Gerboise, surprise, lâche sa coupe. Le Porc-épic la rattrape au vol. HOP !)

LE PORC-ÉPIC. Alors, ce cadeau ? Dommage... dans une maison, une tortue, ça ne sert à rien.

LA GERBOISE. Tu crois ?

LE PORC-ÉPIC. Quoique... attends...

(Il frotte la carapace de la Tortue avec un chiffon. Elle brille !)

LE PORC-ÉPIC. Oh ! Elle brille comme un miroir ! Gerboise, tu as un miroir !

(Il pose un coussin sur la Tortue.)

LE PORC-ÉPIC. Et avec un coussin... tu as un canapé !

(La Gerboise saute au plafond de joie. Un miroir ET un canapé ! Elle s'assoit dessus, ravie.)

LA TORTUE. (très digne) Je le dis depuis le début : le meilleur cadeau du monde.

KATIOUCHA. Et la Tortue a mangé toute la crème glacée en chantant une chanson sur l'amitié. Personne n'a compris les paroles : elle avait la bouche pleine.

(La Tortue chante la bouche pleine. Personne ne comprend rien. Tout le monde applaudit quand même.)

KATIOUCHA. Alors, mes amis : pour vous, c'est quoi, le meilleur cadeau ? Écrivez-le-moi. Et si vous ne savez pas écrire... dessinez-le !

Nouvelle séance · Mission voix 7/9

Le meilleur cadeau

Choisis ton personnage, trouve un accessoire, répète le passage, puis crée ton audio final.

1. Mon personnage

2. Le passage vedette

Lis surtout les lignes surlignées de ton personnage. Les autres lignes peuvent être lues par un proche, ou simplement t’aider à comprendre la scène.

LE PORC-ÉPIC.Chère... PFFF... Gerboise... PFFF... Bonne fête ! Je t’offre...

LA TORTUE.MOI !

LA GERBOISE.... Pardon ?

LA TORTUE.Le meilleur cadeau du monde ! Applaudissez !

(Silence. Personne n’applaudit. Une mouche passe. Bzzz.)

3. Trois voix, trois essais

① Joyeuse et énergiqueVoix claire, rythme vivant, corps ouvert.
② Triste et lenteVoix plus douce, pauses longues, regard bas.
③ Mystérieuse et chuchotéeRalentis, crée du suspense, varie les silences.

4. Mon improvisation

Reste dans ton personnage.

La Tortue trouve une nouvelle raison d’être le meilleur cadeau du monde. Ou la Gerboise invente sa réponse.

5. Mon audio final

Enregistre les trois interprétations du passage, puis ton improvisation, dans un seul audio.

Prêt à enregistrer.

L’enregistrement reste sur cet appareil. Télécharge-le ou partage-le, puis envoie-le à l’enseignant.

CONTE 8 / 9

L'OURS BRUN ET LES ABEILLES

D'après Roger Barthe

Illustration de L'Ours brun et les Abeilles

NARRATEUR. Cet hiver-là, le froid arrive très vite. Trop vite. La neige couvre tout. La glace couvre les rivières. Les arbres craquent. CRAC ! Et tous les animaux partent vers le sud. La forêt se vide.

(Toute la classe souffle comme le vent. FFFOUUU. Des animaux traversent la scène en frissonnant. Puis plus personne. L'Ours entre en s'étirant. Il vient de se réveiller.)

L'OURS. Ho ho ? Il y a quelqu'un ?... Il y a quelqu'un ?

(Silence. Rien.)

L'OURS. Je suis tout seul. Bon. Moi aussi, je dois marcher vers la mer. Là-bas, l'air est plus doux et il y a à manger.

(Son ventre gronde. GLOUUU.)

L'OURS. Oui, oui, ventre, j'ai compris. On y va.

NARRATEUR. L'Ours marche pendant des jours dans la neige.

(L'Ours marche sur place, de plus en plus lentement, de plus en plus courbé. Son ventre gronde plus fort. GLOUUU ! GRRRR !)

L'OURS. Ventre... s'il te plaît... pas si fort... tu vas réveiller tout le pays...

NARRATEUR. Près d'un village silencieux, il découvre des ruches.

L'OURS. Des ruches ! Abeilles ! Chères Abeilles ! Je sais que vous gardez un peu de miel pour l'hiver. Moi, je n'ai plus de forces. Vous pouvez me donner un petit peu de miel, s'il vous plaît ?

(Son ventre gronde très, très fort. GLOUUUUUU !)

L'OURS. (gêné) Pardon. C'est mon ventre. Il est d'accord avec moi.

(Les Abeilles se réunissent en cercle. Elles discutent très vite. BZZZ BZZZ BZZZ.)

LES ABEILLES. Chaque ruche donne un peu de miel ! Ensemble, on remplit ce pot !

(Les Abeilles remplissent le pot, goutte après goutte, en chaîne, très organisées.)

L'OURS. Merci, merci, bonnes Abeilles ! Je vous fais une promesse : un jour, le monde entier connaîtra votre gentillesse !


NARRATEUR. L'Ours repart vers la mer, son pot serré contre lui, comme un trésor.

(L'Ours traverse la scène. Il mange une toute petite goutte de miel, une seule, et referme vite le pot.)

L'OURS. Doucement... petit à petit... il doit durer...

NARRATEUR. Enfin, il arrive au bord de la mer, près d'une rivière sans glace. Il peut pêcher des poissons. Il est sauvé.

(L'Ours pêche. Son ventre fait un petit bruit content. Gloup. Mais l'Ours reste pensif.)

L'OURS. Ces Abeilles m'ont sauvé la vie. Elles ont donné leur miel... et peut-être qu'elles vont en manquer, elles. Je dois tenir ma promesse ! Mais comment ? Je cherche, je cherche... rien !

NARRATEUR. Le jour, il cherche. La nuit, il réfléchit. Tous les animaux le trouvent triste.

(Un matin, au bord de la mer, l'Ours glisse sur un rocher. Tout se passe au ralenti, en silence : il glisse... le pot vole... tombe dans l'eau... se casse. Le miel part en mille gouttes. Plus personne ne bouge.)

L'OURS. (un vrai chagrin) Non... Non, non, non... Mon miel... Ma promesse...

(Long silence. L'Ours s'assoit, tête basse. Le Père Gel s'approche doucement et regarde l'Ours.)

LE PÈRE GEL. Voilà un vrai chagrin. Pas un chagrin de miel perdu : un chagrin de promesse perdue. Je vais l'aider. Cette nuit, je gèle la mer autour des gouttes de miel.

(Le Père Gel étend ses bras au-dessus de l'eau. La nuit passe.)

NARRATEUR. Le matin, le soleil fait fondre la glace. L'Ours revient à l'endroit du pot cassé. Il passe sa patte dans l'eau...

(Des petites pierres dorées roulent entre ses griffes.)

L'OURS. (émerveillé) Oh... Des pierres de miel... Des pierres de soleil...

NARRATEUR. Plus tard, les Hommes trouvent ces pierres dorées et font des bijoux avec. Ils leur donnent un nom : l'ambre. Et depuis ce jour, on dit : qui porte de l'ambre doit être généreux et gentil. En souvenir des Abeilles de cet hiver-là.

L'OURS. (une patte sur le cœur) Promesse tenue.

(Son ventre fait un tout petit GLOU de bonheur.)

Nouvelle séance · Mission voix 8/9

L’Ours brun et les Abeilles

Choisis ton personnage, trouve un accessoire, répète le passage, puis crée ton audio final.

1. Mon personnage

2. Le passage vedette

Lis surtout les lignes surlignées de ton personnage. Les autres lignes peuvent être lues par un proche, ou simplement t’aider à comprendre la scène.

L’OURS.Des ruches ! Abeilles ! Chères Abeilles ! Je sais que vous gardez un peu de miel pour l’hiver. Moi, je n’ai plus de forces. Vous pouvez me donner un petit peu de miel, s’il vous plaît ?

(Son ventre gronde très, très fort. GLOUUUUUU !)

L’OURS.Pardon. C’est mon ventre. Il est d’accord avec moi.

(Les Abeilles se réunissent en cercle. Elles discutent très vite. BZZZ BZZZ BZZZ.)

LES ABEILLES.Chaque ruche donne un peu de miel ! Ensemble, on remplit ce pot !

L’OURS.Merci, merci, bonnes Abeilles ! Je vous fais une promesse : un jour, le monde entier connaîtra votre gentillesse !

3. Trois voix, trois essais

① Joyeuse et énergiqueVoix claire, rythme vivant, corps ouvert.
② Triste et lenteVoix plus douce, pauses longues, regard bas.
③ Mystérieuse et chuchotéeRalentis, crée du suspense, varie les silences.

4. Mon improvisation

Reste dans ton personnage.

L’Ours revient remercier les Abeilles avec une surprise. Que leur apporte-t-il et que répondent-elles ?

5. Mon audio final

Enregistre les trois interprétations du passage, puis ton improvisation, dans un seul audio.

Prêt à enregistrer.

L’enregistrement reste sur cet appareil. Télécharge-le ou partage-le, puis envoie-le à l’enseignant.

CONTE 9 / 9

BOUTON-D'OR

D'après Kina Kydréva

Illustration de Bouton-d'or

NARRATEUR. Dans une prairie, entre les hautes herbes, une petite fleur ouvre ses pétales. Tout doucement. C'est un Bouton-d'or.

(Le Bouton-d'or déplie ses pétales, timide. Le Soleil se penche et le remplit de lumière dorée.)

LE SOLEIL. Quelle belle fleur ! Écoute-moi bien. Cette lumière est le plus grand trésor de la Terre. Garde-la bien !

(Le Bouton-d'or tremble. Il manque de tout renverser. OUPS.)

LE BOUTON-D'OR. Oh là là... Mais... comment je dois la garder ?

NARRATEUR. Trop tard : le Soleil est déjà derrière la grande montagne bleue.

(Un vieux Scarabée s'approche en ronchonnant.)

LE SCARABÉE. Hmpf. Facile. Cache-la sous la terre. Sous la terre, les trésors sont en sécurité. Hmpf.

LE BOUTON-D'OR. Sous la terre ? Mais il fait tout noir ! Et c'est tout mouillé ! Ma lumière va mourir là-dessous !

LE SCARABÉE. Hmpf. Les jeunes. Ils demandent des conseils et ils n'écoutent rien. Hmpf. Hmpf.

(Le Scarabée s'en va en ronchonnant. Le Bouton-d'or lève sa corolle très haut et retient sa respiration.)

NARRATEUR. La nuit tombe. Les herbes s'endorment. Tout devient noir. Tout ? Non. Une petite fleur brille comme une petite lampe.

(La scène devient sombre. Seul le Bouton-d'or brille. Une Luciole arrive en zigzag, sa lanterne presque éteinte.)

LA LUCIOLE. Ooooh ! Une étoile est tombée du ciel ?

LE BOUTON-D'OR. Non, non. Je suis le Bouton-d'or. Cette lumière, c'est un cadeau du Soleil.

LA LUCIOLE. S'il te plaît... donne-m'en un petit peu. Ma lanterne est presque vide. Sans lumière, je ne peux pas vivre.

LE BOUTON-D'OR. Bien sûr ! Prends, prends ! Autant que tu veux !

(Le Bouton-d'or verse de la lumière dans la lanterne. La Luciole se rallume, danse dans la nuit et s'envole, toute contente.)

LE BOUTON-D'OR. (il regarde sa corolle à moitié vide) La Luciole ne peut pas vivre sans lumière... J'ai bien fait. Je crois.


NARRATEUR. La nuit est profonde. Les herbes dorment. Le Bouton-d'or, lui, reste éveillé. Sa petite lumière brille au rythme de son cœur.

(Une voix monte du noir. Un Phalène tombe par terre. PLOF.)

LE PHALÈNE. Ho ! Tu es une source magique ?

LE BOUTON-D'OR. Non, je suis une fleur. Je garde la lumière.

LE PHALÈNE. S'il te plaît, donne-m'en un peu. Une tempête a déchiré mes ailes. Avec de la lumière, je peux me faire des ailes nouvelles.

(Le Bouton-d'or regarde sa corolle. Il ne lui reste que la moitié de son trésor. Il hésite une seconde.)

LE BOUTON-D'OR. Bien sûr ! Prends, prends !

(La fleur penche sa corolle. Deux gouttes de lumière tombent... et deviennent deux ailes légères et brillantes. Le Phalène fait un bisou à la fleur et s'envole.)

LE BOUTON-D'OR. Le Phalène ne peut pas vivre sans ailes... J'ai bien fait. Je crois.

(Le Bouton-d'or ferme sa corolle vide. Il baisse ses petites feuilles. Il s'endort, fatigué et tout léger. La scène est complètement noire. Silence. On laisse durer le noir.)

NARRATEUR. (doucement) Cette nuit-là, la prairie est toute noire. La petite fleur a tout donné. Il ne lui reste rien.

(Le ciel s'éclaire lentement. Le Soleil se lève et se penche sur la fleur endormie.)

LE SOLEIL. Bravo, petite fleur. Tu as très bien gardé la lumière.

LE BOUTON-D'OR. (il se réveille) Mais... j'ai tout donné !

LE SOLEIL. Justement. La lumière brille dans la lanterne de la Luciole. Elle vole sur les ailes du Phalène. La lumière qu'on donne ne se perd jamais. Regarde-toi.

(Le Soleil caresse la fleur de ses rayons. Le Bouton-d'or se met à briller, briller, briller. Toute la scène devient dorée.)

NARRATEUR. Les herbes n'ont jamais su s'il brillait de joie ou grâce au Soleil. Mais depuis ce jour, le Bouton-d'or brille toujours de cet éclat ensoleillé.

FIN

Nouvelle séance · Mission voix 9/9

Bouton-d’or

Choisis ton personnage, trouve un accessoire, répète le passage, puis crée ton audio final.

1. Mon personnage

2. Le passage vedette

Lis surtout les lignes surlignées de ton personnage. Les autres lignes peuvent être lues par un proche, ou simplement t’aider à comprendre la scène.

LA LUCIOLE.Ooooh ! Une étoile est tombée du ciel ?

LE BOUTON-D’OR.Non, non. Je suis le Bouton-d’or. Cette lumière, c’est un cadeau du Soleil.

LA LUCIOLE.S’il te plaît... donne-m’en un petit peu. Ma lanterne est presque vide. Sans lumière, je ne peux pas vivre.

LE BOUTON-D’OR.Bien sûr ! Prends, prends ! Autant que tu veux !

(Le Bouton-d’or verse de la lumière dans la lanterne. La Luciole se rallume, danse dans la nuit et s’envole, toute contente.)

LE BOUTON-D’OR.La Luciole ne peut pas vivre sans lumière... J’ai bien fait. Je crois.

3. Trois voix, trois essais

① Joyeuse et énergiqueVoix claire, rythme vivant, corps ouvert.
② Triste et lenteVoix plus douce, pauses longues, regard bas.
③ Mystérieuse et chuchotéeRalentis, crée du suspense, varie les silences.

4. Mon improvisation

Reste dans ton personnage.

Un autre animal de la nuit demande un peu de lumière. Qui est-il ? Que décide le Bouton-d’or ?

5. Mon audio final

Enregistre les trois interprétations du passage, puis ton improvisation, dans un seul audio.

Prêt à enregistrer.

L’enregistrement reste sur cet appareil. Télécharge-le ou partage-le, puis envoie-le à l’enseignant.